Je te jure, ta cadence indécente est aussi prévisible que risible. Comme un tango argentin fait par des débutants, tes pas sont comptés, mais la passion n’a pas encore monté. C’est maladroit, drôle et presque innocent à la fois, qu’il y est juste toi qui ne t’en aperçoives pas. Tu as le tempo, mais tu ne manques pas d’air, un deux trois, un deux trois, d’une valse que ne durera pas. Sur mes pieds tu marches, mais tu dis que ce n’est pas toi et quand mon coeur tu arraches, est-ce que ce n’est toujours pas toi? Et la vie, cette symphonie si finement orchestrée, suis-je le seul à détecter cette note si malhabilement jouée, cette note qui se joue contre toi, cette note vile et malsaine qui se cachait en arrière-scène. Si le mensonge est malhonnête, la preuve est faite que l’omission l’est tout autant, à force de ne pas vouloir mal paraître, le silence est souvent bien plus dense que l’on pense. Cette mélodie serait-elle aussi belle si j’omettais le Si à mesure que je joue? Si je peux sentir ta peau à des milles d’où je suis ne crois-tu pas que je peux subir les gestes omis et incompris? C’est une larme bien douce que le sel à quitter, qu’un petit peu d’eau qui fera me rappeler, combien, oh combien de lunes j’ai vues passée, doucement glissée dans ce ciel étoilé. Le silence fera son oeuvre, on fera comme ci, ça tiendra quoi, une autre lune encore, qui sait peut-être plus, où tous deux en silence on saura, mais où tu douteras.
Eva: Mais non c’est très clair au contraire. Ça coordonnait bien avec mon chandail d’hier, ou avec mes yeux, je sais plus très bien… mais au moins avec mon humeur ça j’en suis certain, qui était ma foi… Parfaite.
sombre, toujours un peu plus